Sunday, April 12, 2009

S trouble everyday

S e Kali, la Vierge noire, est la patronne des Gitans qui l'honorent chaque 25 mai lors du pèlerinage aux Saintes-Maries-de-la-Mer.

Merci Whiskymedia, on dirait un tirage de roulette comme de cartes...

Et mon fils le gitan.

Tu me retrouves toujours Kali.

Et je te laisse des traces, je fais confiance en ta lecture assidue plus qu'Hassidique donc.


video


J'aimerais que notre suivante rencontre se déroule comme le contact de ces deux papiers sales, qui se retrouvent enfin après la marche d'un mécanisme absurde.

Un temps de félicité donc.

X straight



Fond noir, en voix OFF l’on entend Christian Guillemet monologuer.

Départ bande son variation_son1.wav(durée 6mn46, fichier à refaire)

Pendant le monologue apparaît le titre et sous-titre en blanc sur fond noir.

Variation du Dogme
Ou « Un film Français virgule prétentieux »


" Q’est ce qu’il faut au début d’un film ?
Je veux dire qu’est ce qui signale au spectateur que le film a vraiment commencé, qu’il peut cesser de discuter avec son voisin pour regarder un film ?
La musique ? Le générique ?"

Débute une musique de générique.

"Une citation, ça fait toujours bien au début d’un film, une citation intelligente, ça rend le film attractif ! Comme celle de Lao Tseu (ou est ce Confucius ) au début du Cercle Rouge, avec Bourvil et Delon."

+ 37 secondes

Apparaît la citation de Bachelard.

« Loin de s’émerveiller, la pensée objective doit ironiser.
Sans cette vigilance malveillante, nous ne prendrons jamais une attitude vraiment objective. »

Gaston Bachelard

+ 5 secondes (42 s)


(...)

Voix OFF

" Même le titre semblait un peu prétentieux, je veux dire Variation du Dogme, comme une revendication d’association, de descendance d’avec Lars Von Triers, rien que çà c’était prétentieux...
Le postulat n’était pas inintéressant, bien sûr non. Cette idée que les gens n’écoute pas les autres, que si l’on place dans une pièce trois inconnus, ils se contenteront immanquablement d’essayer de démontrer à l’autre qui ils sont sans chercher à savoir qui est cet autre assis en face.
Mon évidence, ma grande découverte sur la nature humaine, découverte que je me devais de démontrer à mes contemporains, mais sous des atours conceptuels, culturels, et abscons bien sûrs. Pas de manière évidente, ni intelligible, ni trop simple.
Alors compliquer la tâche, mettre des tiroirs dans d’autres tiroirs.
Je voulais m’interroger sur la forme d’un film, à quoi le reconnaît on et comment le définit on, tout cela en détruisant les codes qui auraient constitués mon propre film.
Et je voulais m’interroger sur la question de l’identité aussi, comment la construit on et comment la définit on, avec comme éléments de réponse les comportements des gens filmés, montrés de manière brute, sans explications.
Mais finalement, surtout, je voulais faire un film expérimental.
Même si je n’étais pas sûr de vraiment savoir en quoi il était expérimental, je voulais faire un film expérimental.

Et pour être sûr qu’il le soit bien expérimental, qu’on ne puisse pas lui trouver quelques aspects qui ne le soit point, j’allais le faire sans musique, ni montage, ni script, sans même d’acteurs, mieux que Godard, tous le monde en seraient baba !"

(...)

" La première fois que j’ai dit à ma femme, la mère de mon fils, que je voulais faire un film sur l’incommunicabilité inhérente à la condition d’être humain, cela la fait rire.
Elle m’a dit « Tu veux faire un film sur l’incommunicabilité inhérente à ta condition oui ! »
C’était une boutade un peu rude, le genre de trait acide que seuls les personnes qui nous aime beaucoup peuvent se permettre ; mais j’ai immédiatement compris qu’elle avait raison.
Ce n’était pas tant l’humanité que j’allais observer que moi-même, et à travers moi l’humanité comprise dans son entièreté sans doute, je l’espérais en tt cas, maintenant que tout était booké, les annonces passée et le staff technique réservé.
J’aurais peut-être mieux fais de prendre rendez-vous avec ma thérapeute, je ne sais pas, pour lui reparler de ma famille.

Je suppose qu’elle vient de quelque part par là, la source de mon identité, en autres. L’état civil, les petits papiers, quand on meurt, quand on naît, des petits papiers toujours, les impôts, la maternité les petits papiers, même parties en fumée.
Mon père était un homme des bois contraint de vivre au sein d’une société citadine. Ca vous brise un poète la ville si l’on préfère allez cueillir les champignons plutôt que de souder un morceaux de métal avec un autre morceaux de métal.
Il aimait récupérer les choses, fouiller les poubelles, vendre du cuivre glané ici ou là.
De lui j’ai conservé quelques outils dont il se servait, et une bague et une montre qui appartenait à son propre père.

La conservation d’objet-symbole est une tradition sentimentaliste qui révèle un certain goût pour le romanesque.
L’on possède ces objets comme l’on possède son histoire, ces souvenirs sont preuves d’une filiation, d’une fondation de notre existence.
Ces choses là existe, j’existe dans cette histoire, pense t’on.

A la question, qu’est ce que je veux conserver de ma mère, je ne vois qu’un feu de joie triste
Nul objet, Nul bibelot, j’aurais tout brûlé même la colère.

J’avais un frère aussi. Mort aussi. Tous mort ces gens que j’aime.
Celui-ci, je l’ai répandu en cendres à Lacanau plage lorsque j’avais vingt ans.

Onze années plus tard j’y revenais sur cette plage, pour lui présenter son neveu, mon fils.
La mer s’est dressée devant nous, solide, fière et tenace, comme un hommage, le vent nous à cinglé du sable qu’il charriait et le ciel s’est couvert de pluie drue.
Il aurait fait beau ce jour là, et un vendeur de chouchou se serait promené sur la grève en chantant la Carioca que j’y aurais sans doute pareillement reconnu les signes d’une manifestation spirit.

(...)

Peut-être devient t’on adulte lorsque l’on cesse de penser à sa propre mort avec romantisme.

Cela fait partie d’un lot de grandes phrases philosophiques que je place aux hasards des conversations, tout épatées que je suis par la pertinence de mes propos.
Je les note d’ailleurs souvent afin que la postérité ne les égare pas dans un moment d’inattention, puisque la finitude des mes contemporains éclaire immanquablement ma propre et fugace existence du néon rose fluo de l’urgence.
Travailler, écrire, dormir, me baigner, aimer et faire l’amour, multipliez les expériences et les partenaires, artistiques et sexuels, laisser des traces à mon fils, être fier, être honorable, être libre, d’urgences.
Etre libre, être un homme libre. Et ce que, par paresse, je ne me permettais pas pour moi-même, chercher à le réaliser désormais pour lui, le fils, comme un encouragement pour son propre parcours de vie. Tout ça, en urgences. Partir loin, en Asie, en Amérique du Sud, revenir avec les pieds pourris peut-être, participer à un colloque, me masturber l’ego, participer à une excommunication, me masturber encore l’ego, construire une tente de sudation, une machine à orgone, me masturber.

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Mes contemporains, ce sont Barthes, Baudrillard, Bourdieu.
Je me reconnaît de leur communauté de penseurs et ressens d’autant plus l’isolement que rares sont ceux qui parviennent à créer en moi une émulation intellectuelle remarquable.
Je le regrette bien sûr, que ceux-ci, et Nietzsche, Léautaud, Céline, Césaire, Mailer et Miller, que tous soient mort sans moi et que je n’ai pus échanger avec eux les propos que j’invente, lorsque je suis à poil dans mon bain et que je pense à eux comme à des frères que je n’ai jamais vu.
Quelles trouvailles sociologiques, digne d’en tirer un grand roman, n’aurions nous pas découvertes par nos intelligences mêlées ?
Je ne peux que constater le gâchis que l’histoire de l’art et de la philosophie à produit en m’ôtant leurs présences, et à eux mon influence.

Toutefois je décèle une cohérence au fait que je succède à ces amis penseurs, sans qui le monde n’eut pas été capable d’appréhender ce que je viens annoncer : le long fracas de notre humanité contre le marteau de la machine sociale, les variations systémiques et structurelles que la pornographie, Internet, la mondialisation, le mythe terroriste, Nicolas Sarkozy et Ciné-Télé-Revue vont induire sur ce qui n’est déjà plus notre civilisation.

Et mes travaux, mes recherches de définition identitaire n’ont comme propos que de parvenir à détourer la physionomie de l’identité de notre civilisation, identité multiple, chimère schizophrénique, modelant un monde à son image : aux velléités humanistes internationales, hypocritement libertaires et paradoxalement intransigeantes envers la moindre nation qui ne se soumet pas aux canons occidentaux du Progrès.
Identité sourde, hurlante, exhibitionniste. La charria ulule dans les téléphones portables et les adolescentes sucent des queues devant leurs webcams.
Benoit XVI réintègre des évêques négationnistes tandis que les ours blancs se noient fautes de banquises.
C’est la crise, mais l’on consomme des papayes, l’on boit du thé vert en commentant l’élection d’un président noir, on aime la musique classique et le dernier des frères Cohen, bien sûr.

La vie est douce.

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Je voulais faire un film sur l’incommunicabilité inhérente à la qualité d’être humain, mais je me retrouve à me questionner sur ce que je suis.
Pourquoi, comment, et pourquoi ce que je suis ne communique pas, est muet avec ces visages, ces Autres.
Je ne sais pas quoi leur dire de moi, puisque je ne sais pas qui je suis.
Qui je suis.

La tentation est forte de dire : je suis ce que j’aime.
Ecrivains, artistes, ces préférences me définissent. Je fais partis de groupe de fans sur facebook, je suis l’ami d’untel sur myspace.
Je suis ce que je consomme culturellement, alimentairement, vestimentairement, télévisuellement, sexuellement.
Je suis la pornographie, le cheddar fondu, un costume trop grand d’Emmaüs, un décor de Hopper.
Je suis un manipulatueur, un rat d’ego et mon idéal de moi, c’est celui-ci, qui meurt toujours comme le chantait Léo.
J’ai pris son propos au premier degré à Léo : les poètes ça pue des pieds.
Et je revendique auprès de mon épouse une hygiène des pieds douteuse sous ce prétexte imparable qu’on ne lave pas la poésie.

Alors je voulais faire un film sur l’incommunicabilité, dut à l’ego qui se leurre et celui de l’autre avec.

Un film intimiste, qui mette les gens dans un état de mélancolie poétique ; qui mette les gens dans le même état que me met les films de Nanni Moretti.

J’aimais l’idée de faire un film à la Nanni Moretti, mais je n’avais pas de Vespa alors j’imaginais une scène à la place : en voix Off mon long monologue intérieur pendant que je fait la vaisselle.
Et la caméra filme mes mains dans la mousse et l’eau qui n’en finit pas de couler du robinet. Puis des scènes rapides qui coupent cette scène principale, des images tire larme écologistes et libertaire, en contraste avec le gâchis d’eau de vaisselle, le gâchis de nos vies d’eau de vaisselle ; peut-être cette célèbre photo de Nick Ut, d’une jeune vietnamienne nue hurlant dans la rue après un bombardement de Napalm.
Peut-être les mains de ma grand-mère, vieilles mains, que j’aime regarder comme s’il s’y trouvait la source de mes troubles, et que je pouvais en remonter le cours, en suivant les rives sinueuses de ces rides, comme au radeau et sans pagaies.



Ou bien je lirais ce texte sans eau de vaisselle ni apocalypse ni fantôme pour une fois, mais une fleur fragile qui tremblerait dans le vent, planté sur une dune, tenace, volontaire.


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Une étude objective de mes comportements amoureux nécessite la soustraction de l'émotionnel. C'est bien sûr chose compliqué voir impossible.
Je tente toutefois d'établir des schémas directeurs, de reconnaître les systématiques qui dirige mon cœur, ma tête, ma bite.

Toutes elles me séduisent dès lors que je décèle en elle cette faille, cette fragilité qui me rend doux, qui me fait me sentir tendre.
Alors je tombe amoureux comme l'on tombe d'une chaise, et cette tendresse m'envahit bientôt m'emprisonne, et le champ émotionnel se retrouve labouré, retournée comme une ivrogne dans un terrain vague.

Brune toxique ou blonde docile, typée t'es chinoise ou maghrébine mécréante, mystique ou intellectuelle, hanche fines ou bien larges, seins cyclopéens ou insectoïdes...

Toutes les nourrir de ce moi de fils de braconnier et de pute, séduisant, sensible, aux temps sensible que je suis, poète, petit prince et autres libres maximus de toutes réalité annihilante, pendant un mois, un an, un éon, c'est selon.


(...)


A TOURNER

Int. Jour
Café populaire de Bruxelles

S boit un chocolat chaud.

Saturday, December 13, 2008

Exégèse chaote de l'inceste par Christian Guillemet 1/2

Exégèse chaote de l'inceste par Christian Guillemet aka Mozhorus Tau Solarass, Evêque du diocèse de Bruxelles de l'église gnostique chaote. Colloque "autour de l'inceste"; 5 et 6 Décembre 2008, Université Montaigne, Bordeaux3, organisé par Jean-michel Devesa et le LAPRIL. Partie 1
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Exégèse chaote de l'inceste par Christian Guillemet 2/2

Exégèse chaote de l'inceste par Christian Guillemet aka Mozhorus Tau Solarass, Evêque du diocèse de Bruxelles de l'église gnostique chaote. Colloque "autour de l'inceste"; 5 et 6 Décembre 2008, Université Montaigne, Bordeaux3, organisé par Jean-michel Devesa et le LAPRIL. Partie 2
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Sunday, November 30, 2008

Quand Christian Guillemet sort de son Hashram

ou que faire le 5 et 6 décembre à Bordeaux ?

Aller au Colloque international « Autour de l’inceste »

Auditorium, Maison des Etudiants
Université Michel de Montaigne-Bordeaux 3

les Vendredi 5 décembre et samedi 6 décembre 2008


J'interviendrais pour ma part le 6/12, sous le nom de Christian Guillemet aka Mozhorus Tau solarass, (Evêque du Diocèse de Bruxelles de l’Eglise Gnostique Chaote), pour lire une étude du
«Symbolisme de l’inceste et ésotérisme : Exégèse chaote de l’inceste"

Détails du programme sur

http://jmdevesa.over-blog.com/article-24873523.html

Thursday, July 19, 2007

Fermer le cercle

Cher Jean Michel,



Pardonne moi tout d’abord de ne pas avoir répondu plus promptement à ton dernier mail mais je suis passé par une phase de réflexion (due à ta première 'mauvaise' interprétation, bien légitime, de mes buts recherchés) concernant mon travail artistique.

Aussi je désirais recevoir les fruits de mes pérégrinations mentales avant de t’écrire à nouveau.



Merci donc de ta dernière réponse. Cela m’a permis d’analyser mon ressenti face à l’incompréhension possible du spectateur par rapport à mes travaux.



Il semble évident que lorsque j’explique la démarche artistique de mon travail en son entier celui ci devient moins imperméable au yeux du public.

Cela me pose toutefois un problème instillé par les techniques (...).
L’égrégore « Vrais Imposteurs », en tant qu’œuvre d’art à part entière, constitué de la totalité de mes textes, des mes images, mais aussi des travaux des personnes ayant œuvré ou oeuvrant encore au sein des « Vrais Imposteurs », ne peut être expliqué que par le manifeste en lui même.

L’éclaircissement de la démarche, ou parlerais je peut-être de technique, visant à (...) ne peut être en effet expliqué à tous comme je l’ai fait avec toi.

Un certain ésotérisme à ce sujet doit être conservé ; car (...) est une sorte d’annulation de la technique, pour ne pas dire une négation de celle ci.



Aussi, il semble que mes travaux ne puissent se soustraire à une incompréhension ou une mauvaise interprétation qu’au risque d’être oblitérés complètement dans leur nature d’œuvre d’Art, au sein de l’ égrégore « Vrais Imposteurs ».



L’ironie de cet Ouroboros n’est pas sans m'égayer, je te le confie.



Aussi peut-être est il temps pour moi de clore la phase nourrissante de l’égrégore, pour qu’il développasse son existence propre et non canalisée, au risque bien sûr, dans le futur, de ne pas être considéré comme ce qu’il est ; mais il existera toutefois…



Je te remercie donc de notre échange, celui ci m’a permis de mieux fixer les limites de la clarté que j’entendais instituer pour les « Vrais Imposteurs », et surtout de considérer que ce jalon ci était planté, que je pouvais passer à un autre…

Je vais sans doute me retirer quelques temps de la scène artistique (laquelle s’en apercevra sans doute assez peu) afin de rejoindre un âshrama sis à Dreux, et je suis ravi par cette période de repos qui s’annonce.



Ne doute point, Jean Michel, que mon amitié t’est acquise, et que je ne manquerais pas de parcourir encore ton blog et de me rendre à tes activités.



Cordialement,





Christian Guillemet

Membre fondateur de l’égrégore « Vrais Imposteurs ».

Thursday, April 05, 2007

Aux fraises.

Je me retrouverais toujours je crois, comprimé entre le dégoût de l’humanité et le jalousement de celle-ci.
Entre le dégoût de l’existence de ce monde, et le plaisir tranquille de la partager.

Il me semble qu’un tout soit à l’envers, que l’on a interverti les murs, les croyances, les priorités ; et que l’homme ne vit plus ce qu’il doit, ce qu’il aurait dut, que moi en tout cas je ne vis pas ce que je devrais et que nulle autre que moi n’est coupable de cela.
L’on me parle de pouvoir d’achat, de place dans la société, de classe moyenne riche et du pouvoir de s’acheter ou non une maison. ; toutes ces choses légitimement importantes pour la majorité des gens. Je serais bien dénigrant en ne l’admettant point cette importance, toutefois il ne s’agit ici pour moi que de leurres, point de buts mais de moyens encombrants permettant à tout un chacun de tenter de toucher de l’âme les essentiels.
Essentiel du discours, essentiel de l’existence, de notre propre perception des choses si les choses existent bien et si une perception personnelle de celles ci est possible.

Je me retrouverais toujours je crois, comprimé entre le dégoût de l’humanité et le jalousement de celle-ci.

Je me voudrais naïf, crétin ou insensible ; quoi que ce soit mais qu’un aspect de moi puisse me protéger de la civilisation et de moi-même.

Saturday, October 14, 2006

# 20

J’en ai bouffé mon compte, de cet auto enorgueillissent vulgaire que je désirais chier, en public, de préférence, en public surtout, oui, chier à la vue de tout le monde
regardez-le, ce fruit de mes entrailles bénies, ce consommé d’imaginaire, de créations digérées, répétées
applaudissez, Monsieur, Madame, puis surtout achetez bien mon caca, car ce caca là, ma fiente talentueuse, c’est une valeur sûre, pour sûr.

Je crois même que je suis sûr aussi, que je me suis pris au Je-regarde-toi tu-n’es-pas-là, que je me suis pris au jeu de l’esthète élégant, créatif et chiant.
J’apprécie cela à la mesure pointue du dégoût prétentieux que cela a produit en moi, pour me débarrasser de ces fantasmes trompeurs et annihilants.

On ne peut pas travailler l’Art en pensant à Soi ; en pensant dans le même temps à la portée qu’Il pourrait avoir. On ne peut pas le travailler, l’Art, en l’espérant d’avance Art.
Comme le suicidaire ne peut penser à son froc souillé en serrant le nœud autour de sa gorge, c’est du même ordre, je le sais, pour avoir décroché mon frère du lanterneau de notre immeuble.

Je tourne encore du point inexistant du I am, donc ; et m’y replace, tendu, pour reprendre là où j’avais laissé les virgules, sous les langues râpeuses des devenirs.

Et bien que toutes choses, (évidence !), soient Illusions, de la corne de mon pied aux veines nouées de mon cervelet, toujours le ventre tourbe vient remettre les absolus à leur place, sis à l’intérieur de moi.

Saturday, September 23, 2006

Renouveau de CG

Quelques jours après, en analysant les faits, une des interprétations possibles de ce semblant d’échouage artistique est la suivante :

Toute imposture, étant basée sur une mauvaise foi tacite avec soi-même, relève de l’ordre du mensonge et du fantasme.
Elle se fonde donc sur le silence de l’Ego afin de construire un des visages du Surmoi.

L’imposture n’est finalement possiblement valide que lorsque ce Moi ingère, digère, intègre les aspects divers de ce Janus.
Ainsi, la mise en scène d’une imposture artistique au sein d’un collectif, d’une entité constituée d’ « Autres» connaissant à rebours le Moi premier, le Moi incomplet, 'incomplété', se heurte à une réalité obsolète mais castratrice.

Au final, il est évident que l’imposture de soi-même ne tolère aucune intimité partagée ; la proximité d’un déjà connu, récalcitrant mettant en échec perpétuel toute tentative de mutation de ce Moi su.

(Je te comprends donc, Lili, tu le sais.)

Cela ne fait que restreindre la portée d’un état de soi que l’on désire exalté, et de sa semence (nommons la « énergie créatrice » en termes réducteurs).

Ainsi, il est tout à fait cohérent que nos différentes entités ne se soient point accordées, elles ne le pouvaient tout simplement pas.
Et peut-être même plus elles tentaient d'y accéder, plus elles détruisaient, de manière automatique, la physionomie portée des structures tout juste construites ; comme un Golem lacérant sa face de glaise de ses propre mains alors qu’il s’érigeait tout juste de sa tourbe, re_de_venant à chaque tentative de Vie une masse informe de terre et de sang.


Pas de regret donc.

Wednesday, September 20, 2006

Fin des VI

Fin des VI
Courrier électronique envoyé aux Vrais Imposteurs, lesquels ne le sont plus.

"Dernière salve

Chers confrères de l’imposture,

Je viens par la présente mettre fin aux agonies de l’égrégore VI.
En effet, pour répéter la démonstration du concept, un égrégore doit, pour survivre, se nourrir d’énergie "pensée".

Hors la nourriture que nous devions produire afin de faire vivre ce concept n’a pas vu le jour.
Nous n’avons jamais à ce jour, plus d’un an après la signature du manifeste, réellement travailler collectivement ou ensemble. De ce fait, de collectif VI, il n’y a pas.
Je ne vois donc pas l’utilité de maintenir un système de production artistique qui est inopérant et improductif parce qu’inexistant, intrinsèquement.

L’égrégore est décati, affamé d’œuvre d’art et de liens, lesquels auraient constitué son architecture osseuse. L’égrégore est à bout d’un souffle premier et je préfère l’euthanasie plutôt que l’acharnement artistique.

Je ne reproche à aucun d’entre vous ce fait, ni même à moi.
La faute au Temps, aux impondérables de vie et aux inhérences pratiques.
C’est ainsi et c’est sans doute finalement très bien ainsi.

Je ne vous remercierai pas pour le travail ou l’attention fournis, entendu que ce travail devait être fait pour vous-même et non pour une quelconque amicalité envers moi ou toute autre raison déplacée.

Je vous féliciterai par contre des efforts artistiques et du temps consacré.
Cela reste et nourrira vos projets futurs, je le souhaite.

Il n’y aura donc plus de site à mettre en ligne.
Je remercie Jean de l’avant projet.
Je remercie les Vi pour leur participation pécuniaire à ce propos.
Les sommes, bien minimes, reviendront à Jean pour dédommagement du temps passé pour la création avortée.

Cette décision n’attend pas de 'REPLY TO ALL', comme à son accoutumée.
Ce n’est pas un plébiscite, mais une décision unilatérale et définitive ; je serais surpris de voir quelqu’un répondre pour s’y opposer.

Vos impostures de vies artistiques restent toutefois évidemment réelles, il ne tient qu’à vous de proposer des collaborations si le cœur vous en dit, de répondre à Syn pour le projet docu ; toutefois, cela ne se fera plus au sein de ce collectif.

Je vous remercie de votre attention.

CG"

Tuesday, May 16, 2006

Des nouvelles de Lebec Michel...


Monday, April 03, 2006

# 19

Hôtel Campanile, Liège.

Onglet saignant, sauce poivre, accompagné de ses pommes frites; plateau de fromage.
Musique d'ambiance: Ersatz de Julio Iglesias

Déprime.

Wednesday, February 15, 2006

http://www.lesvraisimposteurs.com

Ré-ouverture sous une quinzaine.

Tuesday, January 24, 2006

# 17

La lassitude, la fatigue, la pression qu’induit notre existence au sein d’un environnement violent sont participatifs du processus créateur. Peut-être en sont-ils même plus constitutifs que participatifs ; et pour moi assurément. L’acte de résistance primale est le cri. L’acte de destruction est le hurlement. Je ne crois pas en l’art muet. La forme peut être ludique et le fond anodin mais il s’agit toujours d’un son. Je ne crois pas en l’acte gratuit aux conséquences inaudibles. « Lettres à la Mater » est un cri de pardon. Mes images sont des cris de rébellion, une forme de discours politique. Mes travaux autour de la santé et du corpus sont des cris d’appel de vie car je ne veux pas mourir. Ces simples lignes que je tape présentement sont des cris, un aveu de non renoncement car je ne veux pas laisser au hasard mes choix esthétiques. Je ne veux pas laisser à la 'non définition', l’avantage de vide. Ce qui n’est pas défini doit être résolu. Ce qui ne peut être défini est irrésoluble et ne constitue pas, en soi, un obstacle. L’art n’est pas un obstacle, il est un cri et je suis un hurleur qui se bride. La face précise apposée contre l’intérieur de mon crâne, je hurle. Pendu, tête au sol et ornements inversés aux organes nobles, je hurle.
Mais ce qui sort de mon orifice, ce sont des cris qui ne masquent pas la vérité, ne lui font perdre consistance, ni ne la travestisse. Car la vérité ne doit pas être détruite, mais révélée. Le hurlement est dégénéré, aussi, j’assourdis ma nature de hurleur pour n’en conserver que l’essence du cri. Il me faut me planter les doigts dans les membres et la bête rage en moi et se mange dans les reins mais je ne hurle pas, je crie. Je parviens, de ces hurlements destructeurs, à ordonner des cris épris de créativité.

# 18

Le Temps est un autre élément constitutif participatif.
Il est vain de tenter une création sans auparavant lui avoir octroyé la soumission du Temps.
Il s'agit là d'une condition essentielle ; peut-être même la plus essentielle car nulle œuvre ne s'émancipe de la juste mesure de temps nécessaire à sa création.
Ils sont (l'Œuvre et le Temps) emmêlés l'un avec l’autre comme un fœtus à son cordon ombilical ; l'Œuvre ne se réalisant pas sans le décompte du Temps (de réflexion, de maturation, d'exécution) et cette donnée temporelle ne se déroulant que dans la justification d'une mesure de l'aire de la création (divine, naturelle, humaine), ils ne peuvent exister de manière autonome sans perdre la justification même de leurs existences.

# 16

Écrits aléatoires # 1


L’art est le masque parfait.

Il peut prendre tous les aspects, à travers chaque époque, dans toutes les civilisations.

Il est la représentation fantasmée de la sensibilité d’un Être spécifique, le médium par lequel les émotions humaines s’expriment, de manières personnelles et individuelles.

Conséquence sans nom, impalpable, de notre interaction avec l’environnement; symptôme, grosseur qui vous gène dans votre sommeil, cataracte qui s’écoule de votre œil.

Les Vrais Imposteurs se sont constitués afin de révéler au monde cette imposture ; l’Art est le masque parfait qui ne porte pas de nom, et ce que vous voyez n’est pas ce que vous croyez.

La méprise de l’expression est la maîtrise de la révélation et ce qui n’a pas de nom ne peut appartenir à quelque cercle que ce soit. Aussi, techniques, sujets, propos seront traités par les VI sans restriction, dogme ou morale.

Car, contrairement, à ce que supposent les critiques, les galeristes, les médias (en un mot, les marchands), l’indéfinissable ne peut être contenu. Seul le visage qui porte le masque peut être vu.

Wednesday, November 02, 2005

Mascarade

Tuesday, August 30, 2005

# 15

Sans ma femme le monde serait une erreur.

# 14

DÉBUT

Projet socio documentaire sur la transsexualité: avorté

STOP

Ai cette nuit étranglé dans mes rêves mon inces_tueur

STOP

Causalité obsolète

PS

(Je ne justifierai rien)

MAIS

La base interview est à disposition, pour les intéressés au projet.

FIN

Sunday, August 28, 2005

# 13

Un jour.
Un jour je serai vieux, et seul, et je mourrai.
Ou bien, je deviendrai Dieu.

Il y a cette chose, cette part de moi, grotesque et volontaire.
Je ne lui dois rien, au mieux, je la tolère.
Mais elle garde son emprise perverse et ponctuelle sur ma raison, elle garde son ombrage parfait sur mes épaules, et m’isolent de non-lueurs parfois.

Ma propension au doute est une pute active qui me montre son cul, et cela affole mes sens.

« Pour la bonne cause ma petite Dame, pour la bonne cause… »

La bonne cause c’est une auto flagellation masturbatoire.
Rien de plus.

C’est un leurre pour m’édenter, mieux coincer mes côtes contre les arêtes des nerfs.

La peur de la perdre, c’est une de ces arêtes. Je crois que parfois, je meurtris cette partie tendre de ce Moi, gratuitement, pour faire des bleus, pour voir si le sang circule encore dans cette partie du corps.
Alors, cela se met à saigner, je ne sais plus comment faire pour arrêter le flux.

C’est idiot, après tout, les flux.
C’est Idiot.
Alors je sais que.
Un jour.
Un jour je serai vieux, et seul, je mourrai.
Ou bien, je deviendrai Dieu.

Je sais que je prendrai une seringue, et que je l’enfilerai dans une veine comme j’ai enfilé ma haine dans mes reproches et du sublime niais dans mes excuses.
Je sais que je presserai la pompe sans aucune héroïne à l'intérieur.
Je sais que la bulle d’air trouvera son chemin, rapide, célèste, vers le cœur tout droit ici par ici loge toi.

Là.

Là.

Je laisserai mes remords, les beautés de ce monde.

Je pleurerai une dernière fois son prénom.

Je quitterai ce monde que je ne tolère presque déjà plus.

Je ne sais pas comment faire pour remonter tout dedans les élans brisés.

Monday, July 25, 2005

# 12

Variation I et II de # 11.

I-

Écrire encore, sur l’inceste, sur la mort.
Ça les excite, ça les émeut.
Ça dit des mots froids, comme bite, anus, bières, tombes, cordes des pendus.
Ces mots, ils mordent, ils s’emmêlent.

Ma sensibilité de Jésus Christ attristé, ça les fait bander.
Moi, ça m’irrite le méat.

C’est facile de cracher ces mots là, comme on cracherait du sperme un peu froid.
Je sais bien, moi, je sais bien ce que ça fait dans leurs âmes d’Autres, ces mots là.

Ces mots qu’ils ne disent pas, ça leur plait de les entendre, de les voir pleurer par un autre, ça leur plait.

Ça fait ressortir l’humanité qu’ils ont au fond du cul de leurs propres souffrances, ils se chialent dessus, comme des vieux se feraient dessus.
Et ils adorent ça, se faire dessus.

Mais moi non plus maintenant, non, c’est passé, la valse des tordus, je l’ai trop entendue.
Et ça parait inhumain de parler de ces mots sans pleurer dessus, ça parait malsain de dire cela, sans chercher une quelconque pitié éparse.

Ça heurte et ils vont finir par m’en vouloir c’est sûr, de mon inhumanité probable; ils vont finir par m’en vouloir vu que je ne pleure plus, moi, vu que je ne me pleure plus dessus; ils vont finir par m’en vouloir c’est sûr.

Alors je leur en donne encore, avec du dédain en plus, je leur en donne encore.
Je cherche le mot le plus gênant, l’histoire la plus dégueulasse.
Je cherche le fil le plus obscur qu’il aimerait me voir mettre en pelote.

Et puis je hurle, calmement.
Ils frissonnent, ils ont ce qu’ils voulaient et sourient tous, les dents en moins.

II-

Je reviens toujours au même, aux mêmes mots.
Il revient toujours, toujours les mêmes sujets, ce « Je » obséquieux.
Je suis au pas ce « Il » qui écrit les mots noirs, les mots des gueux.
Je sais le faire ça, je sais bien le faire ça.
Je sais écrire bite, anus, inceste.
Je sais écrire tombe, frère, alcoolisme.
Je sais ce que cela fait, je sais ce que cela donne.
Je sais très bien qu’on attend ça aussi, de moi, à force.
Je sais très bien qu’à force les mots noirs puant la souffrance, c’est une addiction pour eux, et que ça leur manque, ma souffrance mise en exergue.
Je sais, que cela les divertit.
Je sais, que cela flatte aussi la propre humanité de leurs « Je » qui m’écoutent.
Et je ne trouve pas cela mal, non, malgré mon dédain ; qu’ils soient des êtres humains, je trouve ça très bien.

Mais ce « Je » m’ennuie, ou s’ennuie lui-même, c’est kif-kif mon hémorroïde dans ton cul.
Car je ne souffre plus moi, ce n’est plus une lacération dans les bras griffant de mes maux mes mots.
Je ne veux plus les écrire pour clore ces bouches avides alors je cherche quoi, comment, si c’est possible.
« Je » n’est pas sûr de savoir mais « Je » aime à chercher, si c’est possible, comment, quoi, faire pour sortir ça, des mots gluants habitués à mon bras.
« Je » ne sait pas quoi faire d’autres que de terminer son ouvrage de constitution de maux mous mains mère meurtres moches.
« Je » est bloqué là, dedans peut-être, devant la somme de mots qu’il va falloir extirper de mes entrailles, avant de, de quoi ?
« J e » ne sait pas.
« Je » suppose, avant d’écrire autre chose.

Mais moi, je sais bien que ma dureté, que ma saloperie de dureté de Jésus lâche, de fierté de dureté lâche de Jésus, martyr de mes fesses ; je sais bien que ça n’est plus qu’un leurre désormais.
Que la tristesse et la violence et le viol permanent de ma sensibilité par ce monde, je sais bien, oui, que ce n’est plus qu’un leurre, que je l’ai apprivoisé ce monde, que je l’ai dressé contre les parois froides d’une douche aux carreaux de faïences vieillies et poncées ; et que « Je » en a fini avec ce petit « Je » là.

Il n’y a que ces autres, ces autres aux dents gâtées qui ne le savent pas encore.
Ces autres constituent le reste du monde, il va falloir que je l’éduque dès lors.

Saturday, July 16, 2005

# 11

Récupérer mes mots ; oui, les mêmes, les mêmes mots.

Ces mots là ; con, foutre, sexe, vulve, honte, inceste.

Récupérer les mêmes mots et s’en servir, à nouveau, différemment.
Ils sont miens.

Comment les abandonner, quand bien même je sais qu’ils me trahissent, qu’ils me sont infidèles ?

Il me faut les apprivoiser de nouveaux, alors.
De force, les contraindre à ma forme ; non point me solidifier sous la leur.

Passé le refus, la résistance, ils se laisseront de nouveau mener là où ils ne le souhaitent pas.
Comme une petite fille au fond d’un bois.

Puis, viendra la lassitude, l’abandon.
Ils se laisseront faire, las, fatalistes devant leur sort.
Ils m’appartiendront, et je les soumettrai.
Je serai, de manière irrésolue, leur tortionnaire.

Et ils m’appartiendront, et je les soumettrai.

Thursday, July 14, 2005

# 10

Manifeste des Vrais Imposteurs.
www.lesvraisimposteurs.com

Manifeste des Vrais Imposteurs.
Par Christian Guillemet.

Le présent manifeste a pour but déclaré de légitimer le mouvement des Vrais Imposteurs.

I- Ce qu’est le mouvement des Vrais Imposteurs.

« Un trait, une ligne de mots. Tout n’est qu’Art si telle est la pensée du trait, de la ligne de mots. C’est la fonction qui donne la vie, le but ultime de chaque oeuvre est d’exister.»
Christian Guillemet.

Considérant que la véracité de vie d’une œuvre artistique ne peut être valide que dans un cadre existentiel, il est décidé par les Vrais Imposteurs de créer un espace égrégore apocryphe dans laquelle l’œuvre prendra la dimension de son existence propre. Cet espace égrégore sera appelé le mouvement des Vrais Imposteurs.

« Toute œuvre artistique ne prend réellement vie que face à la réaction de l’être à qui elle est soumise. »
Christian Guillemet.

Considérant que l’Art n’est qu’une vue de l’esprit et qu’il n’est légitimé que dans un cadre particulier de reconnaissance par le spectateur utilisateur (et non par ses pairs artistes), il est décidé par les Vrais Imposteurs de s’intégrer de toutes les manières possibles dans ce domaine de reconnaissance artistique.


II- Ce que n’est pas le « Manifeste des Vrais Imposteurs ».

- Ce n’est point un document décrivant un champ d’expression artistique spécifique ou quelconque.
Chaque imposteur est libre d’exprimer son Art dans les courants les plus divers qui soient.

- Ce n’est point un document établissant des règles de création strictes auxquelles devraient se soumettre les dits membres des Vrais Imposteurs.
Chaque Imposteur est libre de choisir son moyen d’expression artistique, et de le soumettre à la vue légiti_matrice par tous les moyens requis afin que son œuvre prenne vie.

- Ce n’est point l’édit d’un dogme artistique clair et défini. Les Vrais Imposteurs considèrent que l’Art est, par essence, indéfinie.

Par ce manifeste des Vrais Imposteurs, lequel est en soi une Oeuvre d’Art, mes co-signataires et moi-même donnons légitimité et validité au Mouvement du même nom.

Fait le 27/11/2004.

Signataires : Christian Guillemet, Jeannette Brilat, Jean Lemarchand, Lili Sabara, Mirande Rosières, Abbé Morlo Weiss.

Manifeste des Vrais Imposteurs.

www.lesvraisimposteurs.com

Manifeste des Vrais Imposteurs.
Par Christian Guillemet.

Le présent manifeste a pour but déclaré de légitimer le mouvement des Vrais Imposteurs.

I- Ce qu’est le mouvement des Vrais Imposteurs.

« Un trait, une ligne de mots. Tout n’est qu’Art si telle est la pensée du trait, de la ligne de mots. C’est la fonction qui donne la vie, le but ultime de chaque oeuvre est d’exister.»
Christian Guillemet.

Considérant que la véracité de vie d’une œuvre artistique ne peut être valide que dans un cadre existentiel, il est décidé par les Vrais Imposteurs de créer un espace égrégore apocryphe dans laquelle l’œuvre prendra la dimension de son existence propre. Cet espace égrégore sera appelé le mouvement des Vrais Imposteurs.

« Toute œuvre artistique ne prend réellement vie que face à la réaction de l’être à qui elle est soumise. »
Christian Guillemet.

Considérant que l’Art n’est qu’une vue de l’esprit et qu’il n’est légitimé que dans un cadre particulier de reconnaissance par le spectateur-utilisateur (et non par ses pairs artistes), il est décidé par les Vrais Imposteurs de s’intégrer de toutes les manières possibles dans ce domaine de reconnaissance artistique.


II- Ce que n’est pas le « Manifeste des Vrais Imposteurs ».

- Ce n’est point un document décrivant un champ d’expression artistique spécifique ou quelconque.
Chaque imposteur est libre d’exprimer son Art dans les courants les plus divers qui soient.

- Ce n’est point un document établissant des règles de création strictes auxquelles devraient se soumettre les dits membres des Vrais Imposteurs.
Chaque Imposteur est libre de choisir son moyen d’expression artistique, et de le soumettre à la vue légiti_matrice par tous les moyens requis afin que son œuvre prenne vie.

- Ce n’est point l’édit d’un dogme artistique clair et défini. Les Vrais Imposteurs considèrent que l’Art est, par essence, indéfinie.

Par ce manifeste des Vrais Imposteurs, lequel est en soi une Oeuvre d’Art, mes co-signataires et moi-même donnons légitimité et validité au Mouvement du même nom.

Fait le 27/11/2004.

Signataires : Christian Guillemet, Jeannette Brilat, Jean Lemarchand, Lili Sabara, Mirande Rosières, Abbé Morlo Weiss.

Friday, June 24, 2005

# 9

Ma langue est un calcul ciselé à l’encre de sèche, contrainte.

Ma cornée vagit, emplie de matière qui rampe dans un étonnement tacite.

Je ne sais plus rien de la fatigue. Je suis Tringle étroite dans un corps en récurrence.

Thursday, June 23, 2005

# 8

Donc je continue…

Car c’est désormais une nécessité de se dresser seul.

L’artiste doit s’émanciper de cette inertie qui le bouffe, le grouille, le submerge.
Il possède un nœud dynamique ; et dans une collaboration, tous les nœuds ne tournent pas avec la même célérité, ni dans le même sens.
Les perturbations développent l’air, le compriment ou l’expulsent.
Et il lui faut se libérer de cette aliénation atmosphérique ; il lui faut se faire violence, afin de renverser la spirale sur le rebours.

Et c’est de là que naît la création de l’homme dans la société ; c’est du seul fait de se dresser ; et non pas de se répandre dans la mouvance molle de ses congénères.

C’est de là que naît la vie, l’œuvre, grand ou petit, c’est de là…
De se coller aux vibrations, de les chercher sans fin, de les contenir dans son poing…
De ne rien lâcher face aux chiens de l’incrédulité…

Je continue donc…

Wednesday, June 22, 2005

# 7

Je ne peux que constater parfois l’inutilité de mon travail. Je ne peux que cela parfois, constater, la différence entre les tâches que je voudrais mener à bien ; et celles que j’essuie…

Je ne peux que m’apercevoir de la lenteur du processus créatif, de ce que cela demande comme temps et comme engagement. Il en va d’un putain de tableau à réaliser, ou d’une poésie mièvre à écrire, comme d’une vie de couple à construire.

L’énergie est la même, l’engagement est le même…
Le résultat ?

Toujours irrésolu, toujours en construction…
Jamais achevé.
Se trouver achevé, c’est se trouver raide, mort ; aussi dur que le braquemart d’un pendu.

Et j’en suis là de mes constatations lorsque la confirmation de ma déduction fataliste tombe : Je ne peux que constater l’irrésoluble lenteur de cette spirale que je voudrais nerveuse, agitée, furieuse.

Le projet VI travaille dans l’ombre certes; mais, l’obscurité, quand on pousse un peu des yeux pour y voir clair, ça fatigue à force, on n'y voit rien et ça picote la rétine, c’est tout…

Saturday, June 18, 2005

# 6

Je voulais écrire à Chloé Delaume, concernant Kacem, de ne pas perdre de temps en légitimations vaporeuses, que cela lui ferait perdre un temps précieux à consacrer à ses travaux, et que cela serait stérile.

J’avais écrit cela sur des feuilles quadrillées A4.

Puis ce matin en parcourant son site, je trouve ceci :

« J’avais dit un feuilleton, je comptais vraiment le faire. Mais je n'ai pas très envie de m’abaisser à ça, à son petit niveau de déballage public, même si les faits seraient vrais, ce qui ferait la différence. Je préfère m’en tenir à lui foutre une mandale IRL quand l’occasion se présentera. Et accessoirement à ne plus me taire et encore moins le préserver quand les questions portant sur lui me seront posées. J’ai mieux à faire, vraiment. Une fiction pour France Culture et un découpage pour eux des Chants de Maldoror, justement. Peut-être parce qu’à trente ans passé l’important c’est ce qu’on est en train de faire, et pas l’exhibition mytho maniaque et nostalgique d’une précocité si fanée qu’elle est depuis longtemps devenue poussière. »

Je ne t'aurais donc rien appris que tu n'aies analysé toi-même; ton œuvre n’est pas vaine, certains de nous prennent plaisir (et conscience) à t’écouter vivre…

Les tentatives de décrédibilisassions que tu subiras ne seront que la démonstration que ton travail d’éducation et de civisme porte ses fruits, et que cela ne plait pas à cette masse médiatique, laquelle aliène les téléspectateurs, manipule la plèbe docile en état de sommeil létal.

Mais tu ne hurles pas dans un désert, Chloé...
Les dormeurs vont se réveiller...

Thursday, June 02, 2005

# 5

De l’instinct de survie d’être un imposteur.

Je voudrais parfois me reconnaître dans le reste du monde.
Je voudrais qu’il me reconnaisse.
Je voudrais parfois ne pas avoir ce regard sur lui, qui m’emplit d’une lucidité annihilante.

J’aimerais moi aussi acquiescer aux jeux de mort.
Dire « OUI, j’accepte, je veux bien vendre mes humeurs au nom d’une sociabilité feinte. Je veux bien changer mes pensées, troquer mon amour propre et même mon nom. »

Oui, parfois j’aimerais céder, et me prendre moi aussi dans les mailles de cette société laquelle j’abhorre.

Mais il me faudrait être aveugle, exorbité, véritablement là.

Car, parfois, pendant la pause café, je voudrais (moi aussi) lire les magazines automoto savamment laissés à disposition dans les aquariums fumeurs. Je voudrais (moi aussi) participer de mon anecdote creuse aux débats spongieux, je voudrais parler, (moi aussi) avec intérêt, de la pluie et du mauvais temps qui passe, je voudrais (moi aussi) me plaindre des opérateurs de téléphonie mobile et dire que les chicons de ce midi, quand même, ils sont bons (moi aussi).

Parfois, je voudrais être aveugle donc. Cela serait plus confortable, assurément, de ne pas déceler les manipulations de masse qui chaque jour fracassent la plèbe inconsciente, de ne pas comprendre les aboutissants des propagandes que défèquent les grandes entreprises sur leurs clientèles, leur personnel, (comme par extension la société toute entière se chiant dessus).

Mais je ne le suis pas, aveugle.
J’ai des yeux pour voir et je m’efforce de ne pas les clore de peur de me laisser endormir.
J’ai des yeux pour voir et je ne veux point les couvrir d’oeillères.
Je vois les fils discrets des pantins animés 'scénifiant' les communications d’entreprises, je vois l’orchestration des rapports humains par les teams managers, je vois l’artefact de pression auquel se soumet de bon gré le personnel, trop heureux de se sentir attitré de
"poste à responsabilité", quand bien même la responsabilité est de maintenir son prochain dans un sommeil létal. Ils sont les clowns tristes aux sourires rasoirs agitant des drapeaux vides devant des consommateurs sans yeux ; tout prêt à se laisser conduire dans le corral avec ceux qu’ils sont sensés les mener à la mort, ils sourient, les avides...

Je vois ; et je voudrais parfois me laisser croire que cela est bon.
Je vois ; mais dans mon désir de vie stupide pareil aux leurs, je ne peux qu’assumer mon refus irréductible et silencieux.

Silencieux; car dans cette dissociation de moi et de mon environnement, le conflit ne peut que naître, intrinsèque, tacite mais inévitable.
Je refuse cet environnement, il me le rend parfaitement.
Je cherche à le détruire, à le déstructurer ; il me le rend parfaitement.

Car les esprits qui ne se meuvent pas pareil à ces ballets de poupées mortes, ces esprits là se voient immanquablement reflués vers l’extérieur du flux auto-siphonique de cet environnement.

Les rêveurs d’aujourd’hui se voit dealés sous forme de tapis en véritables poils de poète; c’est chose connue, mais je ne finirais pas ainsi.

Aussi, je rends muet la révolte en mon sein et participe à la curée, la nausée à la gorge ; mais lorsque l’on me demandera si j’ai bien signé ce pacte avec le diable je répondrais OUI ; mais la signature sera un faux.

Thursday, May 12, 2005

# 4

Je crois savoir, je crois connaître.
Je ne sais plus.
J’ai oublié l’orgueil trompeur et irraisonné ; mais je crois encore, tout de même je crois.
Je crois reconnaître les signes, les moments d’intimité fusionnels entre elle, et lui, dont je suis exclu, dont je suis la tare ; je crois, je ne suis plus sûr, et je ne trouve pas cela mal.

J’aime, cette femme, dans son entièreté, je l’aime.
Et avec elle, ses envies, même si elles ne me sont pas destinées.
Et avec elle, ses élans, même si j’en suis exclu.
J’aime, ma femme, au point de comprendre qu’elle peut, pourrait, tomber amoureuse d’un autre que moi.
Un autre, la différence, celui que je ne suis pas.
Que parfois je jalouse, mais parfois seulement, et que j’aime, aussi, et dont je ne redoute rien, hormis sa probité peut-être…
Je comprends, j’aime, et ne subodore toutefois pas trop fort les pas de l’invisible, qui sera à venir, ou qui ne viendra pas; non, pas peu importe…
Mais je crois, savoir, je crois reconnaître.
Et cela me touche, toujours, à chaque fois cela me touche ; et je ne sais pas, si c’est sa probité qui la fera me quitter…
Ça, ça ; je ne sais pas où cela la mènera…
Peut-être, peut-être, que je préférerais un jeune homme léger, sans dogme ni valeur avenante, tout prêt à la baiser…
Alors que sa probité, sa probité…
Je ne crois plus savoir, je ne veux plus connaître…
Je suis les Guillemets entre Parentes aises.

Saturday, April 23, 2005

# 3

A chaque fois recommencer, ça use les genoux à force, ça lime les tendons…

Boire un peu trop, et me coucher près d’elle, passer la barrière, passer la barrière du somnambule sans but.
Alors que je sais parfaitement ce que cela lui fait à elle ; cela non, ne l’amuse PAS.

Mais je le fais, à chaque fois pourtant, je le fais, je bois, je m’enivre et je me couche auprès d’elle, et mes mains vagabondes jusqu’à ce qu’un mot fatidique, ou un autre, qu’importe pourvu qu’il me cloue à la porte, tout écarquillé que je deviens.

Je le fais, et c’est à chaque fois recommencer, à se ronger les parties génitales.
Car il faut tout remonter en elle après, il faut tout remonter en moi, et parfois on perd le mode d’emploi, on ne sait plus quel sentiment va dans quels états d’âmes.
Le matin, après mes mains ; c’est toujours d’elle vers moi, vomissures, mépris, rognures de regards qui me poussent dans la salle de bains, seul espace où l’opprobre n’est pas trop fort.

Car je ne suis que cela là, là, c’est la césure de mon être.

Ce n’est pas comme si je ne savais non, non, ce n’est même pas comme si je ne savais pas, je sais très bien , la part non ivre de moi sait bien, que, cela va la faire me haïr. Mais la part ivre veut tâter de la fesse et les siennes plus particulièrement, la part ivre est amoureuse, 'crétinement' amoureuse, de cette crétinerie qui tue des gens.

Alors, à chaque fois, recommencer, me réveiller, comprendre, me souvenir, savoir qu’elle me méprise, savoir qu’elle se demande si ça durera toujours comme ça, parfois, une fois par mois, ou moins on s’en fout, c’est pas ça c’est savoir qu’elle me trouve faible, qu’un jour un autre ne le sera pas peut-être, savoir que c’est moi qui l’éloigne de moi, par mon alcoolisme, que c’est moi, qu’elle subit juste, que je déteste ça, que je me déteste moi de cette faiblesse là.

C’est chaque fois recommencer, l’approche lente et maladroite, toucher ses épaules au matin, entendre « TON HALEINE PUE ».

Et recommencer, me laver l’âme, le corps, le Christ, regarder mes pieds et ne regarder qu’eux, ne pas savoir quoi faire, ni dire.
Elle attend, ou pas, ou plus je ne sais pas, elle, je ne sais pas. Moi je sais, je suis là et je ne sais pas.
Je ne sais pas, je ne sais pas, avancer mes bras, mes mains, l’impression encore de l’agresser, de la détruire alors mes mains, je les garde dans mes poches, si je pouvais même les couper là, je crois que ça dégueulasserait bien le parquet de la cuisine mes moignons écorchés mais ça ferait toujours moins mal que son indifférence, je crois.

Chaque fois recommencer.

Friday, April 01, 2005

# 2

Jour J-1 de l’ouverture officiel du site.

Officielle_ment, n’est ce pas…

L’ouverture réelle sera un peu plus tard, elle, mais je ne contrôle rien de cet aspect du projet VI. Je me contente de faire confiance à mes collaborateurs et au temps, comme un malade dans un congrès de médecins, ne sachant rien de ce qui se produira ni quand...

Sinon c’est le printemps, les pies font leurs nids, j’ai les yeux brouillés, par le soleil, par la poitrine de ma femme.

Et je me souviens du pour qui de ma présence ici.

Ici où je suis à Elle.
Dès que le projet VI sera prêt, en ligne, je prends quelques Ermitages...

Tuesday, March 29, 2005

# 1

Je me prépare à rédiger ce journal afin d’y injecter les interrogations et pensées qui découlent de la création du projet VI ; projet dont j’exprimerais le moment voulu, la teneur.
Il suffit pour l’instant de savoir qu’il s’agit là de la constitution d’un collectif d’artistes choisis par mes soins, par pure subjectivité.

J’espère, par le biais de ce journal, parvenir à m’émanciper des gênes psychologiques ralentissant mon processus créatif et par extension, celui du collectif dans son entièreté.
En effet, alors que notre manifeste n’ « existe » que depuis quelques mois, déjà des troubles naissent au sein de nos différentes personnalités.

Comme si le combat interne que l’Artiste se livre à lui-même, afin de parvenir à mettre bas du néant fondamental une œuvre d’Art, se transposait dès lors dans une lutte contre ses complices de création, l’œuvre devenant commune.

Comme si le processus intrinsèque de l’inconscient trouvait là un nouveau champ, miné d’obstacles et d’expérimentations, où s’égarer.

Je n’ai cependant aucun doute sur le fait que, de la même manière que cette lutte intérieure est nécessaire afin de sortir de nous une déjection artistique accomplie, cette lutte, cette fois ci extérieure à soi mais au sein d’une même matrice, se montrera, pour nous, riche d’enseignements et d’inspirations.

Car je considère que l’Art propre à chacun n’est constitué que des résidus d’états de vie de l’Artiste. Une oeuvre n’est que l’ombre de l’auteur, sa projection dépouillée des fantasmes des imbrications égotiques. Aussi, chaque instant de vie compose mon être et mon âme et, par là même, mon œuvre toute entière. Les liens sociaux, distendus ou étroits, décevants ou épanouissants, ne peuvent être dissociés de l’Homme entré dans un processus de création, ils influencent de manière directe ses inspirations et son travail, inexorablement.
C’est cette interaction avec le monde qui tisse la toile sur laquelle le peintre viendra tendre sa peau, c’est cette interaction qui confectionnera le papier sur lequel l’écrivain répandra son sang, c’est cette interaction qui aiguise les couteaux lesquels tailleront l’âme du sculpteur.

Je ne crois pas en la dissociation du créateur et de l’environnement qui l’abrite.
Et il en va ainsi des Artistes comme des Dieux.

Aussi ne soyez point étonnés de trouver ici des propos traitant autant de la haine que de l’amour, autant du corps que de l’esprit, autant du divin que de la femme de ménage alcoolique d’une usine en faillite…